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Je suis oignon...

Dans une société française où la culture a pour vitrine Maître Gims, il ne faut pas s’étonner que l’on soit obligé de réformer l’orthographe étant donné le travail d’écriture que ses chansons lui coûtent. Nous sommes passés des « Jeux de 20 heures » avec Maître Cappello aux neuneus de 20 ans avec Maître Gims. Gim’s, lui aurait dû mettre une apostrophe à son « blaze » cela lui aurait donné un peu plus de style.

Nous venons de l’apprendre : Bernard Pivot a fait un ABC, un Accident Bescherello Culturel. Apostrophé qu’il a été par cette réforme de l’orthographe datant d’un autre temps. Des années 90 exactement, décennie d’où semblent ressurgir le simple mètre Gims et son copain de classe M’Pokora, sur qui il devait tricher pour la dictée. Evidemment, puisqu’il lui était impossible de copier sur les Fréro de la Vega qui ne maîtrisaient, eux, pas encore l’alphabet et ne s’exprimaient qu’en onomatopées, désormais béaba de cette frange de la musique française actuelle. Et dire que nous avons osé critiquer et railler Patrick Sébastien…
La dernière trouvaille de nos amis de l’Hémicycle est donc de nous ressortir une réforme des années 90, pondue par l’Académie Française et ça, comme la cédille, ça sonne mal. Nuançons tout de même un tantinet l’objet de tous ces maux pour traiter l’objet de tous ces mots dans un temps inné où l’orthographe était le nec plus ultra de la langue française et son enseignement incontournable. Les sages ont voulu adapter aux temps modernes le verbiage de Molière ou Hugo et les politiques ont mis 26 ans à se rendre compte de l’usage de la réforme. Le but est de simplifier l’écriture et son utilisation, de supprimer les accessoires désuets de notre langage couché sur le papier.
Adieu oignon, bonjour aux gnons entre les divers protagonistes, initiateurs de la réforme et les défenseurs de ce tubercule symbole de la lutte qui s’emballe et fait tout un tintamarre. Mais peut-être que sans le « i », l’ognon ne nous fera plus pleurer tant il a été coupé et découpé de ce qui fait le sel de notre cuisine orthographique. Adieu aussi ami circonflexe, ô si circonspect que nous soyons face à ton usage, tu n’en demeures pas moins l’icône d’un vocabulaire désormais révolu. Révolution pour ce subtil chapeau à la vie de château, distinction entre un discours soutenu et un phrasé plutôt simple. Nous ne ferons pas, ici, l’aumône de ne point « z »aborder le destin du trait d’union d’un week-end, symbolique liaison entre la semaine de labeur qui s’achève et le repos hebdomadaire qui s’annonce. Amputons également ce mille-pattes de cette union d’entrejambe et coiffons cette souris d’une perruque d’apparat pour qu’elle n’en soit plus chauve. Et que dire de ce nénuphar sur lequel reposait tant d’espoir, de sa singularité nous en faisions une gloire. Devant un appauvrissement de la langue française et de son application, les instances ont choisi, à défaut de modifier les méthodes d’enseignement, d’en modifier les méthodes enseignées.
Le langage SMS est-il en train de triompher au pays de Voltaire ? Sommes-nous poings liés et candides à ce point de ne point voir poindre les ennemis de nos « Racine » ? Baillons-nous « ô Corneille » devant la phonétique, aphone éthique sourde aux lettres de Zola, Camus, Montesquieu, Sartre et j’en passe … ?

Espérons mes amis, espérons. L’administration française décidera peut-être de réformer son fonctionnement et ses usages vieillissant, à l’instar de l’orthographe, en s’imposant plus de sens et de simplicité à l’image d’une « hache », mot dans lequel on peut ôter une lettre sans en changer le sens, ou le résumer à une seule pour en faciliter l’usage et la rendre moins lourde

Tag(s) : #Humour, #Orthographe, #réforme

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